Une enquête ?

Etudiante plus ou moins investie durant le mouvement social contre le CPE, je me suis toujours posée des questions sur ce mouvement ; sans doute suis-je influencée par mon cursus universitaire. Quel type de question ? pas trop de question de fonds, en effet, sur le CPE... les discussions du moment ont été riches, et puis ce serait stupide de sortir un point de vue sur le CPE un an après son retrait.
Non, moi ce qui m'a intéressé, ce pourquoi j'ai fouillé et cherché des informations et anecdotes, c'est finalement la petite histoire derrière la grande, derrière l'actualité et les médias. Comment à Strasbourg le mouvement de protestation s'est-il lancé ? Comment s'est-il maintenu ? Comment s'est-il arrêté ? Pourquoi à Strasbourg était-ce les lycéens et leurs leaders qui tenaient le haut du pavé ? Pourquoi la presse s'est elle intéressée à certains aspects plutôt que d'autres ? Comment ce tissu d'acteurs qui ont fait le mouvement s'est il coordonné ? Et puis, qui a pris quelle décision où et à quel moment ?
Tant de question certes très limitées, mais intéressantes quand même ! Et finalement, les éléments qui m'ont guidé auront plus été les informations que j'ai obtenues, un certains nombre d'éléments m'échappant. Tu trouveras mon style sans doute un peu léger à certains égards, et sans doute plus tendre avec certains que d'autre. Sans doute. J'ai eu la simple envie de « raconter » un mouvement social, avec ses différents protagonistes avec leurs complexités propres, leurs coups tordus, mais aussi leurs convictions, leurs fidélités et loyautés politiques, leurs amitiés, leurs animosités et craintes, bref, leur humanité. J'ai moi-même découvert de vrais personnages dont je pense qu'il ne sera pas inintéressant de suivre à long terme, curieux et attachants à la fois... à regretter qu'ils ne me connaissent pas !
D'ailleurs, au cours de ta lecture, tu te demanderas sûrement comment j'ai fait pour trouver toutes ces informations... Tout d'abord, j'ai une activité qui m'a permis de connaître certaines personnes directement en contact avec cette face cachée (notamment les journalistes), ensuite deux trois connaissances dans l'une et l'autre organisation (connaissances souvent bavardes pour ne pas dire commères) et enfin, il est des lieux (notamment des bars fréquentés) où l'on peut très souvent croiser ces petites personnalités en devenir et qui ne sont pas forcément discrètes, ou simplement méfiantes...
Mais bon, quel responsable d'organisation de jeunesse politique irait penser qu'en prenant son habituel « express avec un verre d'eau », des oreilles pouvaient lui être attentive ? ;)

Articles :

- Une enquête ?
- Les acteurs
- Gaspard la star
- MJS et UNL : les frères d'armes
- L'affrontement silencieux du MJS et de l'UNEF
- La Coordination Indépendante des étudiants de Strasbourg
- L'engagement marginal des pro-CPE et anti-mouvement

# Posté le mardi 24 avril 2007 23:40

Gaspard Glanz,

Responsable fédéral de l'UNL Bas-Rhin (union nationale lycéenne).
Lycéen (terminale ES, lycée Kléber) de 18 ans, il sera sans aucun doute la figure médiatique du mouvement de protestation de la jeunesse à Strasbourg. S'étant intéressé d'abord à la politique durant les élections européennes de 2004, il s'engagera finalement dans le syndicalisme lycéen au sein de l'union nationale lycéenne (UNL) dont il deviendra le responsable fédéral du Bas-Rhin courant 2005 (après Bruno Selun). Il mènera alors à Strasbourg, mais aussi plus ponctuellement lors de manifestations à Paris, le mouvement lycéen de protestation contre la loi Fillon. Il aura donc l'expérience d'un mouvement, mais en gardera un goût amer expliquant son scepticisme aux débuts du mouvement contre le CPE. Plus sanguin, plus entier et moins diplomate que les autres leaders du mouvement, il sera régulièrement protégé par Baptiste Heintz-Macias (animateur fédéral du MJS), mais sans doute autant pour des raisons de proximités personnelles que pour des raisons tactiques. Il est aussi le seul des leaders du mouvement à avoir payé de sa personnes les dérapages du mouvement en ayant perdu un procès (très certainement plus politique que judiciaire) intenté contre sa personne par l'administration du lycée international des Pontonniers.
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# Posté le mardi 24 avril 2007 23:42

Baptiste Heintz-Macias,

Animateur du MJS (mouvement des jeunes socialistes), membre du parti socialiste et de l'UNEF (union nationale des étudiants de France).
Etudiant en licence professionnel (collectivités territoriales) de 20 ans, il est la surprise de cette enquête tant il semble être au final la personnalité centrale du mouvement de protestation (il aurait même été surnommé « l'éminence grise du CPE » par certains journalistes). Il adhère à 16 ans au mouvement des jeunes socialistes (MJS) au lendemain de la défaite de Lionel Jospin au premier tour des élections présidentielle de 2002. Il suivra un parcours hésitants entre le syndicalisme et la politique, notamment en menant sur son lycée (les Pontonniers) le mouvement de protestation contre les réformes Ferry en 2003, ou en s'investissant à l'UNEF dans le cadre du mouvement étudiant de protestation contre la réforme LMD (Licence-Mastère-Doctorat). A la même période, il devient chroniqueur sur la radio associative RBS (91.9) expliquant sans doute son aisance dans les relations avec la presse durant le CPE. Il retourna au MJS après le mouvement LMD et participa, aux côtés de Paul Meyer alors animateur fédéral, à la reconstruction de l'organisation locale de jeunesse socialiste, laissée en ruine par les responsables précédents. Il adhèrera au parti socialiste fin 2004 après avoir fait les campagnes régionales et européennes. Il sera élu animateur fédéral du MJS à la rentrée 2006. Avec Gaspard Glanz, qu'il connaît bien, il est le seul à avoir déjà mené des mouvements sociaux de protestation. Il s'agit très certainement du personnage le plus intrigant (et très probablement à l'aise dans l'intrigue) du CPE strasbourgeois, et sans doute celui qui était le plus clair sur ses objectifs, visiblement remplis à la fin du mouvement de protestation (à découvrir au long des articles).
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# Posté le mardi 24 avril 2007 23:45

Camille Miclot,

Présidente de l'UNEF Strasbourg, membre du conseil fédéral du MJS Bas-Rhin et adhérente du parti socialiste.
Etudiante en licence (droit) de 20 ans, elle est la leader qui aura le moins bien vécu le mouvement contre le CPE tant son organisation en sortira affaiblie. Elle découvre l'UNEF lors de la rentrée 2003 par la rencontre du représentant de l'UNEF à la Faculté de droit qui, à l'époque, n'était que... Baptiste Heintz-Macias ! Elle adhère quelques temps plus tard et s'investie rapidement devenant secrétaire générale courant 2004. Elle adhéra ensuite au parti socialiste quelques temps après, puis au mouvement des jeunes socialistes en 2005. Elle sera élue au début de la même année, présidente de l'UNEF Strasbourg, succédant à Sébastien Heitz. Fait interessant, elle sera aussi élue avec ce même Sébastien Heitz au conseil fédéral du Bas-Rhin du MJS (l'instance de direction) sur une liste d'union majoritaire présentée par Baptiste Heintz-Macias. Sa position lui permettait de connaître l'ensemble des acteurs et leaders du mouvement contre le CPE, ce qu'elle tenta d'utiliser pour asseoir le leadership de l'UNEF dans la contestation. Néanmoins il s'avère que les personnalités des anciens dirigeants de l'UNEF Strasbourg gardant une forte influence sur le syndicat étudiant, elle fut confrontée à des conflits d'intérêts face auxquels elles n'eut pas tous les moyens pour maintenir en état l'organisation étudiante, ce qui est très probablement à la source de l'affaiblissement de l'UNEF durant cette période.
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# Posté le mardi 24 avril 2007 23:48

Julien Gorrand,

Animateur du collectif « jeunesse » de la CGT du Bas-Rhin, membre du secrétariat fédéral du Bas-Rhin du parti communiste.
Salarié dans le privé, 28 ans, il aura été l'aîné et un des éléments ciment des leaders du mouvement anti-CPE en désamorçant la plupart des conflits qui auraient pu naître. Ayant un peu hésité avant de s'engager (notamment entre le parti socialiste et le parti communiste) il s'engagea dans la voie syndicale en adhérant à la fédération de la métallurgie de la CGT, puis au parti communiste lors de la campagne référendaire de la constitution européenne. Son engagement volontaire et militant fit que son syndicat le désigna délégué syndical, et il anima dans un premier temps sa section syndicale. Il se rapprocha de l'union départementale de la CGT (donc de l'interprofessionnel) dans le même temps qu'il intégrera le secrétariat fédéral du PCF. Au début de l'année 2006, il sera chargé de l'animation du collectif « jeunesse » de la CGT du Bas-Rhin. Grand nouveau dans les réseaux de jeunesse plus habitués à se limiter aux lycées et à l'université, il permit d'établir un lien solide avec les centrales syndicales « traditionnelles ». Sa présence aura aussi été stabilisante au sein des leaders du mouvement, dans un premier temps évidemment par le poids et la structuration de la CGT, mais aussi parce qu'il n'a lui non plus visiblement jamais perdu de vue quels étaient ses objectifs.
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# Posté le mardi 24 avril 2007 23:49